Le président de la commission des voies et moyens de la Chambre des représentants a présenté lundi de nouvelles propositions fiscales qui permettraient de générer plus de 2 000 milliards de dollars de recettes fiscales dans le cadre des efforts déployés par les démocrates pour revenir sur les réductions d'impôts accordées par l'administration Trump. Ces propositions fiscales concernent principalement les entreprises et les personnes fortunées, avec des dispositions modifiant le taux d'imposition des sociétés, l'exonération fiscale sur les successions, l'impôt sur les plus-values, et imposant des limitations sur les fiducies de cédant et les réductions de valeur pour les actifs non commerciaux.
Modifications fiscales pour les particuliers et les sociétés
Le projet de loi propose d'augmenter le taux maximal d'imposition sur le revenu des particuliers de 37 % à 39,6 % pour les couples mariés déclarant conjointement un revenu imposable supérieur à 450 000 dollars, les chefs de famille dont le revenu imposable est supérieur à 425 000 dollars, les célibataires dont le revenu imposable est supérieur à 400 000 dollars, les couples mariés déclarant séparément un revenu imposable supérieur à 225 000 dollars, et les successions et fiducies dont le revenu imposable est supérieur à 12 500 $. Une surtaxe supplémentaire de 3 % est imposée sur les revenus supérieurs à 5 millions de dollars (ou 2,5 millions de dollars pour un contribuable marié déclarant séparément). La déduction pour revenu d'entreprise admissible au titre de l'article 199A ne serait plus disponible pour les personnes dont le revenu est supérieur à 400 000 dollars ou les couples mariés dont le revenu est supérieur à 500 000 dollars. Les taux d'imposition des plus-values (actuellement de 20 %) sont portés à 25 % pour les revenus supérieurs à 400 000 dollars.
Parmi les autres augmentations fiscales prévues dans le projet de loi, citons le remplacement du taux forfaitaire de 21 % de l'impôt sur les sociétés par un barème progressif ; le taux maximal proposé serait de 26,5 % pour les revenus supérieurs à 5 millions de dollars (et l'avantage du barème progressif serait progressivement supprimé pour les sociétés dont les revenus dépassent 10 millions de dollars).
Ces changements entreraient en vigueur le 1er janvier 2022 (à l'exception de l'augmentation des gains en capital, qui entrerait en vigueur à la date de la proposition, soit le 13 septembre 2021).
Exonération fiscale sur les successions
En vertu du projet de loi, le montant de l'exonération fiscale sur les successions, qui est actuellement de 11,7 millions de dollars par personne, reviendrait à 5 millions de dollars (indexé sur l'inflation) à compter du 1er janvier 2022. Cette réversion était initialement prévue pour la fin de l'année 2025. Toutefois, les biens immobiliers admissibles utilisés dans le cadre d'une exploitation agricole familiale ou d'une entreprise familiale bénéficieraient d'une réduction spéciale de 11,7 millions de dollars sur la base de leur utilisation réelle plutôt que de leur juste valeur marchande.
Modifications apportées aux fiducies de cédant et aux escomptes d'évaluation
Le projet de loi proposé inclurait les fiducies de cédant dans la succession imposable d'une personne décédée lorsque celle-ci est considérée comme le propriétaire des fiducies aux fins de l'impôt sur le revenu, supprimant ainsi une stratégie de planification fiscale très répandue. Les ventes entre les fiducies de cédant et leur propriétaire présumé seraient traitées comme des ventes entre le propriétaire et un tiers, plutôt que comme des transactions sans incidence fiscale, comme c'est le cas actuellement. Cette mesure ne s'appliquerait qu'aux fiducies futures et aux transferts futurs effectués après l'entrée en vigueur de cette disposition.
Le projet de loi limiterait également les réductions de valeur sur les actifs non commerciaux. Actuellement, un contribuable peut bénéficier d'une réduction de valeur sur un actif, y compris des actions cotées en bourse, en le plaçant dans une société à responsabilité limitée ou une autre entité, puis en le répartissant entre ses héritiers ou des fiducies au profit de ses héritiers. Les nouveaux propriétaires n'ont pas le contrôle total de l'actif et peuvent donc prétendre à une réduction de la valeur de leur participation. Selon la proposition, ces réductions ne seraient plus autorisées pour les actifs « passifs », c'est-à-dire ceux qui sont utilisés uniquement pour la production de revenus. Les réductions pour les actifs utilisés dans des entreprises actives (telles que les exploitations agricoles ou les entreprises familiales) seraient toujours autorisées.
Modifications apportées aux comptes de retraite
Le projet de loi proposé imposerait de nouvelles limites de cotisation aux comptes de retraite (comptes IRA traditionnels, comptes IRA Roth ou comptes à cotisations définies), interdisant essentiellement les nouvelles cotisations aux comptes de retraite pour les contribuables dont le solde total des comptes de retraite dépassait 10 millions de dollars au cours de l'année fiscale précédente. Cette mesure s'applique aux couples mariés dont le revenu imposable est supérieur à 450 000 dollars, aux personnes célibataires dont le revenu dépasse 400 000 dollars et aux chefs de famille dont le revenu imposable est supérieur à 425 000 dollars. À la suite de toute année au cours de laquelle le solde total du compte de retraite d'un contribuable dépasse 10 millions de dollars, le contribuable serait tenu d'effectuer un retrait minimum spécial (50 % du montant supérieur à 10 millions de dollars).
Pour les comptes dont le solde dépasse 20 millions de dollars, l'excédent doit être distribué à hauteur du moindre des deux montants suivants : (1) le montant nécessaire pour ramener le solde total de tous les comptes à 20 millions de dollars ; ou (2) le solde total du compte. Aux fins de ce retrait, le titulaire du compte doit d'abord effectuer le retrait minimum spécial de son compte Roth IRA ou de son plan à cotisations définies.
En vertu de la législation actuelle, un contribuable peut contourner les restrictions de revenu applicables aux cotisations Roth IRA en convertissant plutôt qu'en cotisant à un Roth IRA. Afin de mettre fin à ces stratégies dites « détournées » concernant les comptes Roth IRA, la proposition supprime les conversions Roth pour les comptes IRA et les plans parrainés par l'employeur pour les contribuables célibataires (ou les contribuables mariés déclarant séparément) dont le revenu imposable est supérieur à 400 000 dollars, les contribuables mariés déclarant conjointement dont le revenu imposable est supérieur à 450 000 dollars et les chefs de famille dont le revenu imposable est supérieur à 425 000 dollars. Cette disposition s'appliquerait aux distributions, transferts et cotisations effectués après le 31 décembre 2031.
Toutes les conversions des cotisations après impôt des employés dans des régimes admissibles et des cotisations après impôt à un IRA vers un Roth seraient interdites, quel que soit le niveau de revenu. Ce changement entrerait en vigueur le 1er janvier 2022.
Dispositions non incluses
Plusieurs dispositions qui avaient été envisagées au cours des mois précédant la proposition de loi n'ont finalement pas été incluses. Le projet de loi n'éliminerait pas la « réévaluation » à la mort, un mécanisme selon lequel les actifs d'une personne décédée sont considérés comme ayant été achetés à leur juste valeur marchande à la date du décès. Cela élimine les impôts sur les gains en capital attribuables à l'appréciation et à la dépréciation enregistrées jusqu'à la date du décès.
Le projet de loi n'impose pas la disposition relative à la « réalisation présumée » envisagée par le président Biden, qui aurait entraîné une réalisation imposable au moment du transfert (par exemple, par donation ou décès) sans l'avantage de la réévaluation de la base fiscale. En d'autres termes, le contribuable sera réputé avoir vendu l'actif transféré, ce qui générera un revenu, mais sans que le produit correspondant à la vente présumée ne serve à payer l'impôt sur le revenu.
Les propositions initiales de Biden comprenaient également des modifications aux fiducies de rente conservées par le constituant (GRAT), qui sont des fiducies irrévocables à durée déterminée qui versent au constituant une rente pendant la durée de la fiducie, puis distribuent les actifs à des bénéficiaires non caritatifs (souvent les enfants du constituant). Biden a proposé une durée minimale obligatoire d'au moins 10 ans et de limiter la durée des GRAT à une durée ne dépassant pas l'espérance de vie du constituant plus 10 ans. Cette mesure n'a pas été incluse dans le projet de loi.
Une préoccupation majeure était que certaines dispositions du projet de loi fiscale soient rétroactives au 1er janvier 2021, ne laissant ainsi aux personnes concernées aucun délai pour mettre en œuvre des stratégies de planification fiscale adaptées. Les propositions publiées par la commission des voies et moyens ne prévoient pas cette mise en œuvre rétroactive.
Adoption de la proposition
Pour être adopté sans le soutien des républicains, le projet de loi proposé aurait besoin du vote de presque tous les démocrates de la Chambre des représentants et des 50 démocrates du Sénat. La commission des voies et moyens de la Chambre des représentants devrait voter cette semaine sur les dispositions fiscales proposées ; un vote majoritaire de la commission est nécessaire pour que le projet de loi soit soumis à la Chambre des représentants.