Le texte de la réforme prévue par le sénateur Manchin en matière d'autorisations énergétiques inclus dans le projet de loi fédérale sur le financement
Tard dans la soirée de mercredi, le sénateur Manchin a rendu public le texte, jusqu'alors tenu secret, de sa proposition de réforme des autorisations énergétiques nationales. Cette législation faisait l'objet d'un accord verbal entre Manchin, le sénateur Schumer, la présidente Pelosi et le président Biden en vue de son vote sur la loi sur la réduction de l'inflation.
Une partie de cet accord consistait à inclure le paquet de réformes en matière d'octroi de permis dans le projet de loi de financement à court terme du gouvernement, ou résolution continue (CR), qui doit être adopté par les deux chambres et soumis au président avant le 30 septembre afin d'éviter un arrêt des activités gouvernementales. Lundi soir, le texte de la CR a été publié, incluant la proposition du sénateur Manchin, à l'exception des dispositions relatives à la loi sur la qualité de l'eau qui figuraient dans le projet de texte publié précédemment. Si le projet ne parvient pas à obtenir les 60 voix nécessaires pour être adopté, le Sénat peut recourir à certaines procédures pour présenter et adopter une CR sans la proposition.
La proposition du sénateur Manchin, baptisée « Energy Independence and Security Act of 2022 » (proposition), comprend près de 100 pages de texte modifiant les processus d'autorisation prévus par la loi nationale sur la politique environnementale (NEPA) et la loi fédérale sur les pouvoirs (Federal Powers Act) qui régit la Commission fédérale de réglementation de l'énergie (FERC). La proposition élargit également les pouvoirs du Conseil fédéral de pilotage pour l'amélioration des autorisations (FPISC) créé en vertu de la loi sur la réparation des transports terrestres américains (FAST).
NEPA
La proposition contient des modifications et des mises à jour importantes du processus NEPA dans le but d'accélérer les évaluations environnementales des grands projets énergétiques. Ces dispositions comprennent :
- exigeant la désignation d'un organisme fédéral chef de file chargé de coordonner le processus NEPA pour un projet ;
L'agence fédérale désignée comme chef de file serait chargée de préparer un document environnemental unique pour l'action proposée, de fixer le calendrier d'examen et d'assurer la coordination avec les autres agences fédérales concernées.
- fixer un objectif de deux ans pour les examens NEPA des grands projets énergétiques qui nécessitent une déclaration d'impact environnemental complète et un objectif d'un an pour les projets qui ne nécessitent qu'une évaluation environnementale ;
Un « projet majeur » est défini comme un projet nécessitant plusieurs mesures fédérales.
- mettre en place un processus de règlement des différends dans le cadre duquel les agences fédérales, les gouverneurs de l'État dans lequel le projet est situé ou les promoteurs du projet peuvent demander la tenue d'une réunion de règlement des différends, qui doit être convoquée dans les 30 jours suivant la demande ;
- imposer un délai de prescription de 150 jours à compter de la date de publication pour les litiges relatifs à un document NEPA définitif ;
- exiger des agences fédérales qu'elles identifient les exclusions catégorielles existantes qui peuvent être utilisées pour accélérer l'examen des projets ;
- mettre en place un processus dans lequel certaines agences fédérales identifient de nouvelles exclusions catégorielles et sollicitent l'avis des promoteurs de projets sur d'éventuelles nouvelles exclusions catégorielles ; et
- demandant au président d'identifier 25 « projets énergétiques d'importance stratégique nationale » et de publier un décret donnant la priorité au processus NEPA pour ces projets.
FPISC
Créée dans le cadre de la loi FAST, la FPISC est une agence de coordination chargée de mettre en place un processus fédéral d'évaluation environnementale plus transparent et plus efficace pour les projets énergétiques et d'infrastructure. Une grande partie de ce travail est actuellement réalisée grâce à l'élaboration et au respect de calendriers d'autorisation accessibles au public pour des projets spécifiques. Afin que le processus d'évaluation d'un projet soit géré par la FPISC, les promoteurs du projet doivent demander à ce que celui-ci soit couvert par la loi.
La proposition modifie les pouvoirs du FPISC en ajoutant les projets miniers critiques à la liste des types de projets éligibles au titre de la loi FAST et en réduisant le seuil minimal de coût des projets éligibles de 200 millions à 50 millions de dollars. La proposition impose également que le programme quinquennal de concession pétrolière et gazière du ministère de l'Intérieur soit un projet couvert.
FERC
La proposition prévoit un certain nombre de modifications à la loi fédérale sur les pouvoirs (Federal Powers Act) afin d'accélérer le processus d'examen, d'autorisation et d'octroi de licences entrepris par la FERC pour les projets énergétiques relevant de sa compétence. Bon nombre de ces révisions visent à stimuler le développement de lignes de transport d'électricité régionales et interétatiques. Le texte prévoit également que le ministère de l'Énergie puisse considérer un projet de transport examiné par la FERC comme étant « d'intérêt national ». Cela permettrait à la FERC d'accélérer l'octroi des permis pour de tels projets. La proposition permet également au gouvernement fédéral d'exercer un droit d'expropriation sur les terres contrôlées par les États.
La proposition accorde également à la FERC la compétence pour réglementer les pipelines interétatiques de transport d'hydrogène et exige que toutes les agences fédérales concernées finalisent les permis et les autorisations pour le Mountain Valley Pipeline, qui transporterait du gaz naturel de la Virginie occidentale vers la Virginie.
On ne sait pas encore si la proposition du sénateur Manchin sera soumise au président Biden, ni comment elle le sera. Cependant, le 12 septembre, 77 démocrates de la Chambre des représentants ont envoyé une lettre à la présidente Pelosi et au leader de la majorité Hoyer pour s'opposer à toute réforme de la NEPA dans le cadre d'une CR ou d'un paquet de fin d'année. En outre, depuis la publication de la proposition, un certain nombre de sénateurs républicains et démocrates ont fait part de leur opposition à la réforme des permis, bien que pour des raisons différentes.
Bien que son sort reste incertain, cette proposition a renforcé la volonté bipartisane et bicamérale d'examiner le processus fédéral d'examen et d'autorisation des projets énergétiques et de transport d'énergie nationaux. Les parties prenantes devraient profiter de cette occasion pour plaider en faveur de modifications spécifiques de ces processus afin d'accélérer l'octroi des autorisations pour les projets qu'elles mènent ou qu'elles ont l'intention de mener.