Le CFPB annonce une nouvelle règle interprétative clarifiant la portée de la préemption du FCRA
Le Bureau de protection financière des consommateurs (CFPB) a annoncé hier une règle interprétative qui clarifie la portée de la préemption de la loi sur les rapports de crédit équitables (FCRA) sur les lois étatiques qui touchent au domaine des rapports de crédit. En mettant en œuvre cette règle, le CFPB a confirmé son retrait en mai 2025 de sa règle interprétative de juillet 2022, qui visait à limiter la portée de la préemption fédérale en vertu de la FCRA. La nouvelle règle réaffirme le point de vue du CFPB selon lequel la clause de préemption principale de la FCRA — 15 U.S.C. § 1681t(b)(1) — a une portée très large, remplaçant la plupart des lois étatiques qui réglementent le « sujet » des dispositions énumérées dans la loi.
Préemption de la FCRA et règle interprétative du CFPB de juillet 2022
La section 1681t(b)(1) de la FCRA stipule qu'« aucune exigence ou interdiction ne peut être imposée en vertu des lois d'un État [...] en ce qui concerne » ou « relative à » divers sujets énumérés dans la disposition de préemption. La règle interprétative de 2022 du CFPB a adopté une interprétation restrictive des expressions « en ce qui concerne » et « se rapportant à », concluant que « à moins qu'une loi d'un État ne concerne spécifiquement une exigence ou une obligation visée dans la disposition énumérée de la FCRA, elle n'était pas préemptée ».
Par exemple, la règle interprétative de 2022 suggérait que, puisque l'article 1681t(b)(1)(E) prévaut sur les lois des États « en ce qui concerne tout sujet réglementé en vertu » de l'article 1681c, « relatif aux informations contenues dans les rapports sur les consommateurs », il n'y aurait pas de préemption au-delà des quatre sujets d'information énumérés à la section 1681c (à savoir, l'obsolescence, certaines informations sur les fournisseurs d'informations médicales, certaines informations sur les dettes médicales des anciens combattants et certaines informations qui doivent être incluses dans un rapport sur le consommateur). La règle de 2022 du CFPB laissait donc une marge de manœuvre importante à la réglementation des États dans des domaines tels que la déclaration des dettes médicales, les données sur les loyers et les casiers judiciaires.
Le CFPB fait marche arrière et confirme la préemption générale en vertu de la FCRA
Le CFPB a invoqué plusieurs raisons pour justifier son rejet de la règle interprétative de 2022 : (i) l'utilisation par le Congrès de « termes généraux et larges » dans la section 1681t(b)(1) indique que « le Congrès avait l'intention d'occuper le domaine des rapports sur les consommateurs et de remplacer les lois des États dans ce domaine » ; (ii) la règle de 2022 contredisait les interprétations judiciaires de la section 1681t(b)(1) ; (iii) l'historique législatif de la section 1681t(b) confirme que le Congrès avait l'intention de créer une préemption large et d'éviter « un patchwork de lois étatiques » ; et (iv) la règle de 2022 risquait de nuire au marché des rapports de solvabilité si les États créaient leurs propres normes disparates, ce qui augmenterait les coûts de conformité pour les agences d'évaluation du crédit (CRA), les utilisateurs finaux et les fournisseurs.
Le CFPB a également contesté spécifiquement la conclusion de la règle de 2022 selon laquelle « bien que la durée pendant laquelle les types d'informations spécifiques énumérés à l'article 1681c peuvent continuer à figurer dans un rapport sur le consommateur soit un sujet réglementé par l'article 1681c, ce qui peut être initialement inclus dans un rapport sur le consommateur et à quel moment ne relève pas de l'article 1681c ». Selon ce raisonnement tiré de la règle interprétative de 2022, les États seraient en droit d'interdire aux agences d'évaluation du crédit de communiquer des catégories entières d'informations, telles que les dettes médicales, les casiers judiciaires, les arriérés de loyer ou les condamnations.
Le CFPB a rejeté sa distinction antérieure entre les périodes d'obsolescence et les catégories d'informations, expliquant que « la durée pendant laquelle les informations peuvent rester dans un rapport de solvabilité et la question de savoir si ces informations peuvent être incluses dans le rapport de solvabilité sont deux points d'un même continuum ». Le CFPB a cité un « exemple extrême » pour étayer son point de vue, soulignant que l'application de la règle de 2022 entraînerait la préemption d'une loi étatique imposant une période d'obsolescence d'un jour pour les informations relatives aux dettes médicales, mais autoriserait entièrement une loi interdisant l'apparition des dettes médicales dans un rapport. Pour cette raison, le CFPB a conclu que la règle d'interprétation de 2022 était erronée, même selon sa propre logique et son interprétation plus restrictive de la section 1681t(b)(1).
A retenir
En mettant en œuvre sa nouvelle règle d'interprétation, le CFPB a clarifié son point de vue selon lequel « le fait qu'une loi étatique touche au même sujet que celui abordé par la clause de préemption de la FCRA » suffit pour conclure à la préemption. Bien que la règle d'interprétation « n'ait pas force de loi », elle offre aux défendeurs de la FCRA de nouvelles possibilités d'invoquer la préemption fédérale comme bouclier contre les réclamations fondées sur le droit étatique dans le domaine des rapports de solvabilité. En particulier, la règle interprétative renforce les arguments selon lesquels les lois étatiques interdisant la publication de certaines catégories d'informations dans les rapports sur les consommateurs sont préemptées par l'article 1681t(b)(1).