La Maison Blanche ordonne à des groupes de travail d'enquêter sur l'industrie alimentaire

Le mois dernier, nous avons signalé que le ministère américain de la Justice (DOJ) renforçait l'application des lois antitrust dans le secteur agricole, notamment par le biais d'une enquête sur l'industrie de la transformation de la viande, dans la foulée d'initiatives similaires menées par le DOJ en 2024. Notre précédente mise à jour faisait suite à des informations publiées plus tôt cette année concernant le renforcement de la surveillance des prix des produits de consommation par le DOJ et la Commission fédérale du commerce (FTC) afin d'identifier d'éventuels comportements anticoncurrentiels en réponse à la hausse des coûts suite à la mise en place de droits de douane. Afin d'élargir encore ces initiatives, le président Trump a signé, le 6 décembre 2025, un décret présidentiel visant à créer deux nouveaux groupes de travail gouvernementaux chargés d'enquêter sur l'impact éventuel des pratiques anticoncurrentielles dans le secteur alimentaire sur les prix des produits alimentaires.
Intitulé «Lutter contre les risques pour la sécurité liés à la fixation des prix et aux pratiques anticoncurrentielles dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire », le décret présidentiel affirme que « les pratiques anticoncurrentielles, en particulier lorsqu'elles sont le fait d'entreprises sous contrôle étranger, menacent la stabilité et l'accessibilité financière de l'approvisionnement alimentaire américain ». Le décret présidentiel charge le ministre de la Justice et le président de la FTC de créer un « groupe de travail sur la sécurité de la chaîne d'approvisionnement alimentaire » au sein de leurs agences respectives. Ces groupes de travail sont chargés d'enquêter sur les industries liées à l'alimentation afin de déterminer s'il existe des « pratiques anticoncurrentielles dans les chaînes d'approvisionnement alimentaire » et si le contrôle des industries liées à l'alimentation « par des entités étrangères augmente le coût des produits alimentaires [...] ou crée une menace pour la sécurité nationale ou économique des Américains ». Le décret ordonne au ministre de la Justice et au président de la FTC de prendre les mesures nécessaires pour remédier à tout comportement anticoncurrentiel de ce type, y compris d'éventuelles poursuites pénales. Enfin, le décret exige que les groupes de travail informent la Chambre des représentants et le Sénat de leurs progrès et de leurs conclusions dans les 180 jours, puis à nouveau dans l'année suivant la signature du décret.
Dans une fiche d'information accompagnant le décret, la Maison Blanche note que « les principaux acteurs de la chaîne d'approvisionnement alimentaire américaine ont versé des dizaines de millions de dollars pour régler des poursuites judiciaires pour fixation des prix » et affirme que « les entreprises sous contrôle étranger sont de plus en plus présentes dans des segments clés » de l'industrie alimentaire. La fiche d'information ajoute que sans « une application stricte de la loi », les pratiques présumées de « fixation des prix et de comportement anticoncurrentiel continueront à faire grimper les factures d'épicerie et à affaiblir l'indépendance alimentaire des États-Unis ».
On ne sait pas encore qui siègera au sein des groupes de travail, quand ils seront constitués, ni quelles entreprises feront l'objet d'une enquête. Cependant, compte tenu des élections de mi-mandat prévues en 2026 et des obligations de déclaration au Congrès dans un délai de 180 et 365 jours, on peut supposer que les groupes de travail seront bientôt mis en place et qu'ils seront soumis à une forte pression pour agir rapidement.
Comme nous l'avons déjà mentionné à propos de l'enquête en cours sur l'industrie de la transformation de la viande, ces récents développements ont des implications importantes pour toutes les entreprises impliquées dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire aux États-Unis. Des demandes d'enquête à grande échelle sont possibles, ainsi que des poursuites judiciaires accompagnées de litiges civils et de recours collectifs intentés par des plaignants privés. Ces questions pourraient également donner lieu à des enquêtes et des audiences au Congrès. Les entreprises impliquées dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire doivent être conscientes de cette surveillance accrue, en particulier celles qui peuvent être considérées comme « sous contrôle étranger ».
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